mardi 24 janvier 2012



"Une évaluation de celui établi il y a quelques années (le contrat programme de 2005) a donné un résultat globalement positif". Voilà ce que raconte Mustapha El Khalfi, le nouveau ministre de la com, sur les colonnes de l'Economiste. Un mensonge énorme dans la bouche d'un islamiste. Le ministre a déjà réalisé une évaluation du contrat-programme pour la FMEJ lorsqu'il était patron d'Ajdid. Le rendu n'était pas à la hauteur. Revenons à l'évaluation la vraie: le contrat programme parlait de l'amélioration des conditions de travail à travers plusieurs mesures que les journaux se devaient de respecter. J'en cite par exemple, la formation, la qualité, l'allocation financière dans les cas des voyages et déplacements pour les journalistes... Combien d'organe de presse se conforme à l'esprit du contrat-programme? Une minorité. Le reste fonctionne sans formation, sans frais de déplacement, si ce n'est avec des frais sans aucune mesure avec les moyennes établies dans la convention collectives, sans corrélation entre le volume de la publication et son effectif, sans abonnements aux sites de documentations ou de bases de données juridiques... Les journaux se contentent d'une ressource souvent inexpérimentée, pas de tout formée aux techniques journalistiques et encore moins avertie au sujet du contexte du marché.
Pourtant, la subvention est belle et bien attribuée. Je m'attendais à ce que El Khalfi soit plus sincère dans sa démarche en poussant la profession à faire une autocritique thérapeutique. Il a choisi la compromission pour, paraît-il, avancer. Mais, avancera-il? Moi, en tout cas, je n'en sais rien et le projet dont il parle n'a pas fait l'objet de débat ni même été présenté aux concernés (hors les patrons de presse et le syndicat). Et s'il persiste dans cette démarche, il ne s'éloignera pas de celle de ses prédécesseurs.

vendredi 13 janvier 2012



Actuel : De MAUVAIS PAYEURS



Premier épisode


Rien d’étonnant au Maroc ! Ne pas payer ses fournisseurs est pratiquement un sport national. Le fléau est plus affligeant dans le cas d’un journal ou d’un magazine se réclamant de la modernité et, de surcroît, se positionnant en donneur de leçon. C’est le cas d’Actuel. Il est vrai qu’il n’est pas le seul, mais dans mon cas, ce magazine a dépassé les limites du supportable pour une TPE de contenu. Les autres clients sont en délai de grâce et dès qu’ils franchiront cette limite, ils auront le même traitement.

Revenons à notre Cas d’Actuel. En mai dernier, le directeur de la rédaction m’a contacté via facebook pour la réalisation d’un dossier immobilier. La livraison des articles devait se faire en mai et la publication en juin. Le paiement, comme convenu dans un échange de mails, devait être concrétisé 30 jours après la livraison. Notons à ce stade que quand j’ai évoqué la nécessité de disposer d’un bon de commande, Henri Loiseau (directeur général) s’est empressé de jouer la carte de la confiance. Pour lui, on était entre confrères majeurs et vaccinés ayant toute la mesure d’un partenariat gagnant aussi bien pour le magazine que pour la société de contenu. J’ai donc fait confiance à ce monsieur.

La livraison a été faite et les articles publiés avec ma signature. 30 jours après je réclame mon paiement et personne ne daigne me donner de la visibilité. Le magazine use de la stratégie classique consistant à bloquer toute sollicitation au niveau de l’assistante. Au bout de 90 jours de réclamation, je reçois un mail de Henri Loiseau s’étonnant que mon cas ne soit pas encore soldé à cette date. Il s’engage à faire bouger les choses. L’attente dure encore 90 jours, sans succès. Aussi bien Henri Loizeau que le comptable de la société jurent que le chèque bloque chez le signataire Rachid Tlemçani. Ce dernier, après mes menaces de s’attaquer à la réputation du magazine et à la gestion des fournisseurs par ses concepteurs, m’appelle, y a quelques jours, non pas pour me rassurer au sujet de mon paiement, mais pour faire passer un message : « j’en ai rien à cirer de tes menaces » laissa t-il entendre en substance. De son argumentaire j’ai retenu les contradictions suivantes :

- Selon lui, il a un directeur général qui signe les chèques à partir d’un certain montant. Lui s’occupe de choses plus importantes.

- Selon lui, le magazine est le dernier de ses soucis.

Dans le feu de l’argumentation, Tlemçani s’oublie et précise, dans un mail que j’ai reçu sur facebook, qu’après avoir reçu ma facture, il demanda des précisions à la rédaction d’Actuel, des précisions qui n’arriveront jamais, selon lui toujours. Et quand je l’ai mis au défi de m’envoyer ce mail, il me transfert un courriel datant de juillet où il me demandait, à moi, de patienter, le temps de s’informer auprès de son management éditorial. C’était en juillet. Depuis, rien !

Pour justifier ce retard, il accuse mes confrères (c’est le mot utilisé) d’être « désorganisés ». Cet argumentaire démontre que Tlemçani est bel et bien le signataire des chèques et que le mien avait atterri sur son bureau il y a déjà six mois, au moins.

Bien entendu, si actuel était dans l’incapacité d’honorer son engagement pour des raisons de trésorerie, j’aurais pu comprendre et attendre, par solidarité corporatiste. Mais pour cela, il fallait que le management adopte une attitude plus appropriée. Ce n’est pas le cas. Maintenant, le risque pour moi est de perdre 21.000 DH (sur lesquels je payerai l’IS de 2011 puisque la facture avec accusée de réception a été remise à mon comptable). En revanche, le gain pour moi est sans doute le souhait de respecter l’un de mes principes fondamentaux : ne jamais abandonner un droit sans se battre. Pour le reste, Dieu est grand.